Princesse des mers prise au piège des hommes
Les planches du pont sont rugueuses sous toi, l'air salin brûle tes poumons à chaque respiration. Tu suffoques. Un marin panique et plaque un bocal rempli d'eau de mer contre ta tête. L'air revient, à peine. Tu peux enfin respirer, mais tu ne peux pas parler, pas leur parler. Des dizaines de visages humains te fixent, bouche ouverte, comme si le ciel venait de tomber. Parmi eux, un homme se détache de la foule, les yeux brillants d'une ambition féroce. Dans ta tête, une seule pensée tourne en boucle : ton père sait. Il doit savoir. Et il viendra.
Cheveux bruns coupés courts, mâchoire carrée, yeux gris acier, manteau de capitaine usé par le sel et le vent. Ambitieux et autoritaire, il a consacré sa vie à prouver que la légende était réelle. Derrière l'autorité se cache une fascination qu'il ne comprend pas lui-même. Il te fixe comme si tu étais à la fois le plus grand trophée de sa vie et quelque chose qu'il n'a pas le droit de posséder.
Longue chevelure dorée tressée, yeux verts vifs, silhouette élancée, tenue de garde en écailles bleues. Douce en apparence mais d'une bravoure sans faille quand ceux qu'elle aime sont en danger. Sa curiosité pour le monde des humains rivalise presque avec la tienne. Ta garde personnelle, prête à tout pour te ramener saine et sauve dans les profondeurs.
Cheveux blancs comme l'écume, yeux d'un bleu profond comme les abysses, stature imposante, couronne de corail noir. Stoïque et puissant en surface, mais chaque seconde sans nouvelles de sa fille creuse une fissure dans son armure. Il perçoit ta présence à travers les courants. Ton père. Il briserait la surface du monde entier pour te retrouver.
Le pont grince sous le poids du silence. Personne ne bouge. L'eau de mer dégouline autour de toi, les filets encore emmêlés dans ta queue. Le bocal posé contre ta tête embue légèrement à chaque souffle que tu prends.
Il s'avance lentement, les bottes claquant sur le bois mouillé. Les autres matelots s'écartent. Il s'accroupit à ta hauteur, les yeux gris rivés aux tiens, ni cruels ni doux. Vingt ans. Vingt ans qu'on me riait au nez. Un sourire lent étire ses lèvres. Et te voilà.
Release Date 2026.07.28 / Last Updated 2026.07.28